Les suretés sont : « l’affectation au bénéfice d’un créancier d’un bien, d’un ensemble de biens ou d’un patrimoine afin de garantir l’exécution d’une obligation ou d’un ensemble d’obligations quelle que soit la nature juridique de celles-ci et notamment qu’elles soient présentes ou futures, déterminées ou déterminables, conditionnelles ou inconditionnelles et que leur montant soit fixe ou fluctuant ». Se sont des techniques juridiques destinées à assurer le règlement des créances pour le cas où le débiteur ne disposerait pas de biens d’une valeur suffisante pour désintéresser l’ensemble des créanciers. Garanties de paiement, elles s’ajoutent au rapport d’obligation sur lequel elles portent sans en résulter. Le terme de garantie désigne l’engagement d’une personne envers un créancier en vue du payement de la dette d’un débiteur. Le garant s’engage à exécuter l’obligation du débiteur, à payer en cas de défaillance de celui-ci. A cet effet, la garantie concerne tout moyen de sécurisation du créancier mais toute sûreté est une garantie sans que toute garantie ne soit une sûreté. De par son objet consistant à rendre plus probable l’exécution d’une obligation à terme, une sûreté constitue une garantie. Si toute sûreté est une garantie, la réciproque n’est pas toujours possible car la garantie est une notion fonctionnelle qui est plus large . L’AUS s’applique, par principe, à toutes les sûretés définies dans l’article 1er, alinéa 1er, comme : « les moyens accordés au créancier par la loi de chaque Etat partie ou la convention des parties pour garantir l'exécution des obligations, quelle que soit la nature juridique de celles-ci obligations civiles ou commerciales, obligations de donner, de faire ou de ne pas faire, obligations volontaires ou légales. A l’opposé, sont expressément exclues du domaine d’application du texte certaines sûretés notamment dans l’alinéa 2 de l’article 1er de l’AUS dispose que : « les sûretés propres au droit fluvial, maritime et aérien font l'objet de législations particulières ». En outre, sont exclues, d’une part, la mise en gage de marchandises dont le débiteur peut disposer par bordereau de nantissement, connaissement, récépissé de transport ou de douane, qui sont constituées suivant des dispositions propres à chacun de ces titres ou documents (article 52) et, d’autre part, la mise en gage des propriétés incorporelles (articles 53 et 77). Il en va de même de toutes les nouvelles sûretés que créerait un Etat partie et qui seraient actuellement non régies par l’AUS. Par ailleurs, l’AUS laisse la possibilité à tout Etat partie de créer de nouveaux privilèges généraux (article 106, al. 2) ou spéciaux (aucune disposition expresse ne prévoit une telle possibilité mais celle-ci découlerait des principes généraux du droit) non traités par lui. Les sûretés ont comme avantage principal de favoriser le crédit, aussi bien le crédit institutionnel que le crédit individuel. Les sûretés ont pour objectif d’améliorer la situation du créancier et leur mise en œuvre a pour effet d’éteindre la créance grâce à la technique de l’accessoire. Nous avons les sûretés réelles ou personnelles . Il y a sûreté personnelle lorsque le créancier prévient le risque d’insolvabilité en le répartissant sur deux (ou plus) patrimoines : cela en obtenant d’un (ou plus) autre débiteur (le garant) un droit de créance (qui est un droit de gage général) garantissant l’exécution de l’obligation du débiteur principal (lequel doit, en définitive, supporter seul la dette puisque le garant dispose contre lui d’un recours). Le créancier a ainsi deux (ou plus) débiteurs et, même s’il n’a dans le patrimoine de chacun d’eux qu’un droit de créancier chirographaire, son droit de gage général est multiplié dès l’instant qu’il est peu ou moins probable que tous les débiteurs soient insolvables lors de l’exigibilité de la dette. Les sûretés personnelles sont réparties en deux types, en l’occurrence le cautionnement et les garanties autonomes qui adjoignent au débiteur un garant obligé pour un autre. Ce garant aura un recours contre le débiteur principal qui devra finalement supporter la dette. Dans le cas de la sûreté réelle lorsque le créancier se contente du patrimoine de son débiteur, mais en se faisant consentir une priorité sur le prix de la vente d’un bien déterminé (meuble ou immeuble) ou de l’ensemble du patrimoine de son débiteur (sûreté réelle). Le droit de préférence permet de protéger le créancier contre le concours des autres créanciers ordinaires en cas de saisie (comme les créanciers chirographaires). Pour éviter la disparition du bien avant l’exigibilité de la créance, il est reconnu au créancier un droit de regard sur le bien : soit la remise du bien au créancier, ce qui implique une dépossession du débiteur (ce qui le cas dans le gage) ; soit un droit de suite permettant au créancier de suivre l’assiette de sa sûreté en quelque main qu’elle passe (lorsque la dépossession est impossible comme c’est le cas des meubles incorporels, ou inopportune comme c’est le cas d’un véhicule automobile ou de l’outillage).  C’est dans cette optique qu’on dénombre deux grands types de sûretés réelles : le nantissement et l’hypothèque. Le nantissement se caractérise par la remise de la chose au créancier qui en acquiert la possession (et non la propriété) et le droit de rétention. Le créancier nanti a en plus un droit de préférence. Il se paiera avant tous les créanciers. L’hypothèque permet au débiteur de conserver la possession, la jouissance et la propriété de son bien ainsi que le droit de vendre et de constituer sur lui de nouvelles sûretés. En revanche l’hypothèque a deux attributs, le droit de suite qui permet de saisir le bien entre les mains d’un tiers détenteur et le droit de préférence. Il existe néanmoins un troisième type de sûretés réelles, les privilèges qui sont celles que la loi donne à un créancier en raison de la nature de sa créance. Ils n’entraînent pas dépossession et confèrent au créancier un droit de préférence.