L’Afrique, malgré sa très grande diversité culturelle, est, en ce début de 3e millénaire, plus que jamais à la croisée des chemins.

- Sur le plan politique, elle expérimente la démocratie multipartite ;

- Sur le plan social, la paupérisation de plus en plus grandissante qui pose de manière cruciale la question du devenir de ses systèmes politiques de production, de consommation et d’échanges. 

Dans la lutte contre cette précarité dans l’Afrique d’aujourd’hui et de demain, l’image à travers le cinéma et l’audiovisuel, est un besoin et un outil indispensables.

Ce programme répond aux besoins de structurer l’économie du 7e Art par la professionnalisation des apprenants et le renforcement de leurs capacités à produire des images de qualité qui reflètent nos réalités sociales et économiques. Produire des images pour nos   salles de cinéma et de spectacles, produire pour les chaines de télévisions publiques et privées.

Pourquoi un programme de développement de l’industrie cinématographique et audiovisuelle à l’IUT ?

Le cinéma africain est profondément handicapé dans son développement. Le public des salles et des télévisions est consommateur à plus de 90% de films faits ailleurs, de films qui l’éloignent chaque jour davantage de leurs propres réalités. Cette situation devient dramatique, car la plupart des films étrangers dans les salles de cinéma,  est massivement relayée par le déferlement d’images diffusées sur les chaînes publiques et privées de télévision. Les enfants africains des villes et aussi des campagnes sont quotidiennement soumis à la pression mentale, psychologique et culturelle des séries,  feuilletons, téléfilms, sitcoms, dessins animés, clips de toutes sortes dans lesquels la violence, le crime, le sexe, le désir de puissance, et le pouvoir de l’argent constituent les contenus de base.

Dans un tel environnement, la jeunesse perd complètement ses repères familiaux, sociaux, culturels. Elle devient incapable de réfléchir et de comprendre les phénomènes qui déterminent l’évolution de nos sociétés où elle doit pourtant inscrire son histoire et son destin. 

Les contes, les mythes, les légendes, les traditions populaires si riches d’Afrique, en plus de nos langues se meurent peu à peu sous nos yeux. Leur transmission n’est plus assurée par le moyen habituel de la parole. Alors la formation de nos jeunes dans le domaine de la production audiovisuelle devient une impérieuse nécessité.   

Sachant bien que l’image est aujourd’hui le médium par excellence de la communication sociale. Mais le continent a pris beaucoup de retard pour cette mutation, se trouvant désormais dans une extrême urgence. Il  doit à tout prix se forger ses capacités internes de production d’œuvres cinématographiques, audiovisuelles reflétant sa propre vision du monde, son histoire, son imaginaire et ses valeurs sociales et culturelles.

Il s’agit là d’une nécessité vitale, tout aussi importante pour le reste du monde qui perdrait beaucoup à ne pas s’enrichir de l’apport spécifique de ce continent dont les civilisations portent des valeurs à vocation universelle et une part du destin de l’humanité.